Samedi à 10 heures débutera la deuxième édition de Piazz’à u Libru, le festival du livre de Portivechju porté par la Commune, au travers de la Direction de l’Action Culturelle. Joris Giovanetti, le jeune professeur de philosophie qui signe Ceux que la nuit a choisi, sera présent.
Après une version initiale qui s’est déroulée Piazza ‘llu Quartieri l’année passée c’est dans le cadre historique du Bastion de France que va se dérouler cette édition 2025 riche en rendez-vous de qualité avec la participation d’auteurs de renom dont l’Académicien Andreï Makine. L’ouverture officielle aura lieu samedi à 10 heures avec dans le même temps, la présentation de l’exposition Nozze in Mediterraniu. Un première table ronde à 10h30 sera le point de départ d’un week-end riche à tous les sens du terme, avec un enchaînement de tables rondes, de présentations d’ouvrages, de séances de dédicaces, d’échanges avec les auteurs, mais aussi de moments réservés aux plus jeunes.

Un week-end où auteurs, éditeurs seront au plus près de leur public, avant la clôture qui aura lieu dimanche à midi. Un festival qui fait la part belle à la diversité des genres et des styles, sans aucun doute la signature de Piazz’à u Libru. Un savant mélange des genres où vont se côtoyer des auteurs confirmés récompensés par de nombreux prix littéraires et des auteurs de premier roman. Venez donc nombreux retrouver, Andreï Makine, Patrice Franceschi, Joris Giovanetti, Marie Chiabrero, Emilie Guillaumin, Jean-Luc Bizien, Jean-Joseph Ferrali entre autres….pour un week-end qui va faire de Portivechju la capitale littéraire de la Corse. Un événement réalisé en partenariat avec la Librairie Le Verbe du Soleil et le soutien de la CDC.
Retrouvez la programmation de Piazz’à u libru !
La présentation du festival par Pierre-Xavier Prietto sur les ondes de RCFM
Le miroir sans concession de Ceux que la Nuit Choisit
Joris Giovanetti, qui sera présent à la deuxième édition de Piazza à u Libru a signé chez Denoël son premier roman Ceux que la Nuit Choisit. Un ouvrage qui trouve son inspiration au sein d’une société corse où la jeunesse navigue entre apparences et convictions.

Dans l’histoire des familles en l’occurrence celle des Cristini il y a des héritages à assumer, celui de Vénérande, du muletier et de leurs enfants Gabriel et Orsu dans cette Corse de la fin du 19e siècle en fait partie. Deux siècles plus tard, leurs descendants Gabriel et Raphaël sont frères évoluent dans une société contrastée. Fréquentant la fac de Corte, ils mènent la vie de tous les étudiants, font des rencontres, ont des convictions fortes. Gabriel et Raphaël vont côtoyer des jeunes de leur âge à l’image de Cécilia, à la jeunesse brisée, Lucien, Batti. Une jeunesse qui a ses codes, ses affirmations identitaires, ses luttes pour des idées mais qui est, aussi, tentée par la transgression et le jeu avec les limites.

Cette lutte a un prix surtout quand elle doit faire face à bien des interdits au cœur d’une Corse gangrénée par la mafia, la drogue mais aussi en proie au racisme. La croisée des chemins n’est pas uniquement synonyme d’espoir, elle est aussi le lieu où les drames se nouent. Un roman que l’on peut avoir du mal à classer entre littérature blanche, essai philosophique et polar et qui ne laisse pas indifférent non plus. On pourrait le croire ancré dans le cliché, mais en fait il est le reflet d’une société corse plus que jamais face à ses contradictions.. Il faut passer les premières pages de Ceux que la Nuit Choisit pour entrer dans le monde de Joris Giovanetti: » j’ai voulu mettre en avant l’ambivalence qui existe chez les personnages de ce roman, mais plus largement qui peut exister en chacun d’entre-nous. En fait, il n’y a pas de manichéisme dans ce livre avec une séparation nette du bien et du mal, mais tout se joue dans une zone grise. Pour preuve Cécilia n’est pas qu’une victime elle est aussi quelqu’un de superficiel, de même que Lucien qui conjugue dans sa personne beaucoup de contraires »