Avec la Vraie Vie de Sawsan, l’auteure Franco-Marocaine, qui sera présente pour la première fois sur le Festival Piazz’à U Libru, nous livre une œuvre où la condition des femmes occupe la place essentielle
Après une enfance à Tanger, Salma El Moumni a rejoint la France pour y faire ses études à Lyon. Son premier livre Adieu Tanger (Grasset 2023) avait été finaliste du Prix Médicis et couronné par le Prix des Étudiants France Culture. Avec la Vraie Vie de Sawsan Salma El Moumni nous fait découvrir la vie du personnage central au travers de la narratrice qui, au fil des pages, fait du lecteur un complice mais aussi un voyeur.
Votre dernier livre La Vrai Vie de Sawsan parle de destins de deux femmes à cheval entre deux cultures ?
Cela se vérifie surtout pour la narratrice dans le cadre de sa relation avec Sawsan et de cette projection de la femme qu’elle va devenir et qui s’éloigne peu à peu de son pays natal avec cette pratique de sa langue maternelle qu’elle perd.

Dans mon premier roman Adieu Tanger j’avais déjà exploré le fait de savoir comment on fait société tous ensemble et comment la société impacte la personne qui se construit et cela se retrouve aussi dans ce roman avec cette fois la construction d’une jeune adulte au-delà même de la seule relation entre femmes et hommes.
Un impossible retour par rapport à cette histoire du temps qui passe lié à un pays que l’on a quitté
Ce dernier roman comme le précédent n’est ce pas un peu vous-même ?
J’ai quitté le Maroc voici dix ans, il y a donc une vraie sensibilité entre le pays de l’enfance et celui qui vous accueille entre la langue maternelle celle de l’intérieur et le français. Cette sensibilité on la retrouve dans le fait que cela ressemble par certains côtés à un impossible retour par rapport à cette histoire du temps qui passe lié à un pays que l’on a quitté et qui continue d’évoluer et de changer.
Votre engagement pour la condition féminine rejoint votre présence sur le manifeste, dès le 16 avril dernier, des auteurs de Grasset contre le licenciement d’Olivier Nora ?
Au départ il y a une vraie inquiétude générale sur une certaine programmation idéologique et puis il y a quelque chose de très beau à savoir cette mobilisation que l’on a rarement vu avec des auteurs qui n’ont pas forcément la même vision car les auteurs sont généralement des gens un peu solitaires mais qui là se sont retrouvés Pour ma part en faisant cela je suis en accord avec moi-même et mes engagements, même si la prise de risque est bien là car je suis une petite auteure avec tout ce que cela engendre en termes d’avenir.
