Isabelle Latour, directrice du musée Pasquale Paoli à Merusaglia, animera mercredi une conférence dans le cadre du tricentenaire de sa naissance.
Depuis le 1er avril L’Animu accueille, dans le cadre du tricentenaire de la naissance de Pasquale Paoli, l’exposition mobile du musée de Merusaglia. Une série de panneaux retrace la vie di u Babbu di a Patria de sa naissance, le 6 avril 1725, jusqu’au retour de ses cendres en septembre 1889.
Isabelle Latour, directrice du musée de Merusaglia sera présente ce mercredi 9 avril à 18 heures à L’Animu pour évoquer les étapes de la vie de Pasquale Paoli. Une conférence pour toutes les générations dans la mesure où Isabelle Latour sera présente avec les mallettes pédagogiques du musée.
En avant-première elle a accepté d’évoquer cette exposition ainsi que les étapes essentielles de la vie de cet homme d’Etat issu du siècle des Lumières.
« Cette exposition à Portivechju retrace toute la vie de Paoli de sa naissance au hameau di A Stretta en avril 1725 jusqu’au retour de ses cendres en septembre 1889. Les panneaux que l’on retrouve à la Médiathèque retracent ce parcours de vie avec, bien entendu, les temps forts qui ont marqué l’histoire de la Corse, et au-delà, dans ce siècle des lumières ».

Très jeune il a connu l’exil
« C’est un enfant quand ont lieu les révolutions de Corse contre Gênes auxquels son père Hyacinthe prendre une part très importante et il est contraint à l’exil. Il suit son père à Naples en 1739 il n’a que 14 ans, il va y poursuivre son éducation. Il va d’ailleurs par la suite intégrer le régiment de son père Le Royal Farnese. Puis en 1753 Luigi Giaferri est assassiné et en 1755 il rentre en Corse où à la Cunsulta de Caccia il n’est pas élu Capo Generale avant de l’être à celle de Casabianca le 14 juillet 1755. Une année 1755 riche pour la Corse car entre 16 et le 18 novembre va être rédigée à Corti la constitution de la Corse »
L’homme d’Etat
« A partir de 1755 jusqu’en 1769, date de la défaite de Ponte Novu, Pasquale Paoli va consolider son généralat mais surtout donner à la Corse les outils indispensables à la constitution d’un Etat; à savoir une Université, mais aussi une armée, une monnaie, une marine, il va travailler également, sur la justice et puis il va créer un journal officiel les Ragguagli. En mai 1769 à la suite de la défaite de Ponte Novu, il quitte la Corse en partant de Portivechju avec plusieurs centaines de partisans. Il fait escale à Livourne avant de traverser l’Europe et de rejoindre Londres où il est accueilli par le Roi Georges comme un véritable chef d’Etat »

Du retour à Londres à celui des cendres à Merusaglia
« En 1789 il y a la Révolution Française et Paoli rentre en Corse en 1790 et est élu à la tête du département et commandant des gardes nationaux. En 1792, de Paris, on décide d’une expédition en Sardaigne. Conduite par Napoléon, elle se soldera par un échec qui sera imputé à Paoli. En 1793 la Convention le déclare traitre à la République. Début 1794, Paoli se tourne vers l’Angleterre et la création du Royaume Anglo-corse est actée, plaçant l’île sous la protection du roi George III. Sir Gilbert Elliot est nommé vice-roi, mais l’homme fort du gouvernement est Charles-André Pozzo di Borgo, en rupture avec Paoli qui est rappelé par le roi en Angleterre en 1795. Ce sera son dernier exil. En 1796 les Anglais quittent l’île, laissant la place aux Français. A Londres il aura une vie mondaine très riche et où il s’éteindra en 1807. Il sera enterré à Saint-Pancrace. En septembre 1889 auront lieu le retour de ses cendres dans sa maison natale de Merusaglia ».
Conférence d’Isabelle Latour mercredi 9 avril à 18h à L’Animu