Premier grand moment de la nouvelle mandature, le Rapport d’Orientation Budgétaire de la Commune a été présenté ce mardi lors du Conseil Municipal. L’occasion pour l’adjoint aux finances Jacky Agostini d’en décrypter les grandes lignes au cœur d’un contexte international très tendu et dont les répercussions se situent aussi à l’échelle locale.
Un ROB 2026, mais également la prospective jusqu’en 2029, qui soulignent l’importance de la maîtrise des dépenses, la consolidation de l’épargne, la hiérarchisation des dépenses, tout en privilégiant le développement du territoire en termes d’investissements structurants et en préservant voire en accentuant un haut niveau de service à la population. Un nécessaire équilibre budgétaire qui correspond à la qualité de gestion interne d’une collectivité avec ce souci de ne pas augmenter les taxes et les impôts.
Un Rapport d’Orientation Budgétaire sur lequel l’adjoint aux finances Jacky Agostini s’est longuement exprimé.
Lors de la présentation du Rapport d’Orientation Budgétaire 2025, la situation internationale impactait celle au niveau européen et par voie de conséquence français, cela semble se vérifier également pour le ROB 2026 ?
Oui, le constat du ROB 2026 va dans le même sens que celui du ROB 2025 : le contexte international, européen et national est durablement contraint, avec une trajectoire française de redressement des finances publiques, un déficit public fixé à -5 % du PIB, une dette publique à 118,2 % du PIB, des dotations à priori stabilisées mais peu dynamiques, et un encadrement bien plus strict des ressources locales. Dans ce cadre, notre collectivité doit désormais fonder sa stratégie financière non plus sur la progression naturelle des recettes, mais sur sa capacité à maîtriser leurs dépenses, à optimiser sa gestion et à hiérarchiser ses priorités.
La municipalité s’inscrit pleinement dans cette logique de responsabilité, en adaptant son pilotage financier à ce nouveau cadre, tout en conservant un cap clair : maintenir un haut niveau de service public et poursuivre le développement du territoire.

Pour en revenir au plan communal que doit-on retenir de cette année 2025 qui fait suite à une année 2024 placée en mode record au niveau de l’investissement. Qu’en est-il en termes de dépenses de fonctionnement et en termes d’investissement ?
Pour 2025, ce qu’il faut retenir au plan communal est que l’année succède à un exercice 2024 exceptionnel, mais reste très solide et conforme à nos attentes et à nos prévisions. Le total des dépenses de fonctionnement atteint 30,989 M€, soit +8 % par rapport à 2024. Notre objectif assumé atteint lors des années précédentes était de redonner des marges de manœuvre financières à la commune, par l’augmentation de notre épargne, afin de poser des choix stratégiques et une vision claire pour notre territoire. Cette hausse des dépenses est due notamment à l’augmentation des charges de gestion courante (4,079 M€, +31 %), notamment du fait de la création et de l’exploitation de la cuisine municipale qui est un choix politique assumé et un outil indispensable pour notre territoire et nos enfants. La hausse est également due, et on revient au contexte et aux lois des finances, à une augmentation du chapitre « atténuations de produits » (1,450 M€, +45 %, avec hausse du FPIC et DILICO). Les dispositifs de péréquation imposés par l’Etat nous ont impacté défavorablement sans possibilité d’action de notre part.
Pour finir la hausse est due également à l’augmentation mécanique des dépenses de personnel (+ 4.9%) qui a été un peu plus importante cette année du fait de la revalorisation du taux par l’état de la CNRACL (+ 200k€) que nous subirons chaque année jusqu’en 2028. Pour information les effectifs entre le début de la mandature précédente et aujourd’hui ont peu évolué ( + 1.7%). Ces charges de personnel constituent un facteur déterminant de l’évolution des équilibres financiers à moyen terme.
En investissement, 2025 reste à un niveau élevé pour notre ville. Les dépenses d’équipement brut (chapitres 20,21 et 23) s’établissent à 11,345 M€ après 15,581 M€ en 2024. Les dépenses opérationnelles atteignent 11,593 M€, le remboursement du capital 2,096 M€, et le total des dépenses d’investissement ressort à 28,117 M€. La commune poursuit ses opérations engagées, son rattrapage au niveau des infrastructures, avec un niveau d’investissement toujours soutenu mais plus conforme au rythme réel de réalisation.
Et le parallèle au niveau des recettes ?
Pour les recettes 2025, le fonctionnement reste très solide mais marque une stabilisation. Les recettes de gestion courante sont de 34,815 M€, les recettes réelles de fonctionnement de 34,816 M€, et le total des recettes de fonctionnement de 40,470 M€. La fiscalité reste la ressource dominante avec 27,299 M€, en léger recul de 2 % dû au dynamisme moindre des droits de mutation et à une fiabilisation des bases fiscales par l’Etat. Les dotations et subventions reculent à 3,249 M€ (-7 %). Cela est de nouveau dû à un désengagement de l’Etat avec une baisse de la DGF, une suppression de la DCRTP et de la DNP (au total – 290k€).
En revanche, les autres produits courants progressent à 4,224 M€ (+17 %). Preuve que notre politique publique génère des ressources.
La commune reste dans une situation financière très solide, avec une épargne encore très élevée, un endettement maîtrisé et une capacité de désendettement très satisfaisante
Jacky Agostini
Où en sommes nous, toujours pour 2025, au niveau de la capacité de désendettement, et de l’épargne brute ?
Toujours pour 2025, la commune conserve des indicateurs financiers très favorables. L’épargne brute s’établit à 5,665 M€, en baisse par rapport au niveau exceptionnel de 2024 (8,025 M€), mais elle reste très élevée. Cette année 2024 était exceptionnelle et nous a permis d’opérer et de mettre en œuvre des choix politiques clairs au service des Porto-Vecchiais (cuisine, maintien des services à la population, des subventions aux associations, de l’aide sociale (CCAS).
La capacité de désendettement est en 2025 de 4,9 années. Ce niveau est très satisfaisant et bien inférieur au seuil d’alerte de 12 ans.

Quelles sont les perspectives pour 2026 pour les dépenses de fonctionnement et celles d’investissements et dans ce même chapitre les recettes dans ces deux domaines ?
Étant donné le contexte national défavorable pour les collectivités, nous sommes restés très prudents dans l’élaboration de ce BP 2026. L’Etat sur certains points comme le niveau de la DGF ne s’est pas encore prononcé.
Nous prévoyons de manière prudente une augmentation maîtrisée des dépenses réelles de fonctionnement de 2% et une diminution des recettes réelles de fonctionnement de 3%. Grâce au bon résultat de l’année 2025 et un excédent de fonctionnement reporté de près de 7 millions d’euros les recettes au global augmenteront également de 2 % en prévision.
Ce budget nous permet de procéder à un virement de la section de fonctionnement à la section d’investissement de 6.9 M d’€ et donc de pouvoir continuer à investir de manière importante pour le territoire.
En investissement, le BP 2026 reste très ambitieux tout en étant inférieur au BP 2025 mais conforme dans l’évolution aux déclarations de la majorité et du maire depuis quelques années maintenant. Les dépenses d’équipement brut sont prévues à 17,875 M€ dans le BP 2026, les dépenses opérationnelles à 18,075 M€, le remboursement du capital à 2,250 M€, et le total des dépenses d’investissement à 27,492 M€. L’ajustement du volume d’investissement est à corréler avec la conjoncture économique et son impact sur notre épargne et nos finances.
Pour les recettes d’investissement 2026, nous prévoyons 11,275 M€ de dotations et subventions, 2,675 M€ d’emprunt, 3,327 M€ d’opérations d’ordre, 2,536 M€ d’excédent capitalisé, soit un total de recettes d’investissement de 27,492 M€ dans le BP 2026.
Dans la prospective pluriannuelle, la logique est claire : 2026 reste très ambitieuse. Plusieurs financements sont sécurisés et la bonne « santé » du budget de fonctionnement permet d’assurer un virement important à la section d’investissement. Pour les années suivantes, il est prévu de revenir vers un rythme d’investissement plus stabilisé (autour des 10 millions d’euros par an).
D’une manière générale que doit-on retenir de ce Rapport d’Orientation Budgétaire 2026 ?
Ce qu’il faut retenir de ce ROB 2026, ce sont trois idées. D’abord, la commune reste dans une situation financière très solide et maîtrisée, avec une épargne encore très élevée, un endettement maîtrisé et une capacité de désendettement très satisfaisante. Il est vrai que l’année 2025 marque un resserrement des marges : les recettes stagnent tandis que les dépenses progressent pour de multiples raisons souvent imposées à notre collectivité.
2026 reste une année ambitieuse pour notre commune, mais avec un pilotage plus prudent, plus sélectif et pluriannuel, dans un contexte national moins favorable aux collectivités.
La commune dispose de fondamentaux solides mais doit continuer, comme depuis 6 ans maintenant, à adapter sa stratégie à un contexte national moins favorable. La capacité à maintenir l’équilibre financier reposera sur des choix structurants et une gestion rigoureuse.
Quels seront les grands rendez-vous de 2026 en ce qui concerne les réalisations majeures ?
S’agissant des grands rendez-vous 2026 et des réalisations majeures, les principales opérations inscrites sont au BP 2026 :
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Logements à Quercetta : 2,225 M€
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Logements immeuble Marcellesi : 1,368 M€
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Opérations de voirie : 1,189 M€
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Acquisitions foncières : 984 k€
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Lià Territoire Intelligent et Durable : 845 k€
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Grosses réparations : 1,102 M€
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Informatisation des services : 566 k€
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Réhabilitation du complexe sportif du Pruneddu : 400 k€
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Réhabilitation de l’EHPAD : 390 k€
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Nouvelle classe à l’école immersive de Ceccia : 335 k€
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Mise en accessibilité PMR : 360 k€
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ALSH au Pruneddu : 227 k€
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Nouvel adressage : 200 k€
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Révision du PLU : 200 k€.
La robustesse financière de la commune, malgré un environnement national contraint, permet au-delà du maintien de la qualité des services à la population, de maintenir en 2026 un haut niveau d’investissement orienté vers le logement, la voirie, les équipements publics, le numérique, le sport, l’accessibilité et l’aménagement du territoire.