Après Smile, le 17 janvier dernier, la salle rouge propose dans le cadre de sa programmation s’étalant jusqu’au mois de mai son deuxième rendez-vous de cette entame 2025 avec la pièce de théâtre Prunu – Di U To Sangue Preziosu mise en scène par Paul Fortini.
Une pièce bilingue, jouée par la Compagnie du Partage de Minuit en résidence depuis lundi à l’Espace Jean-Paul de Rocca-Serra, inspirée directement de l’ouvrage de Forteleone Arrighi évoquant le choix ancestral de trois jeunes corses, Maria, Antò et Barthé qui, après une manifestation ayant dérapé, sont interpellés. Maria, va alors subir une agression sexuelle qui va voir ce trio être confronté à un choix lourd de conséquences, ruminer ce déshonneur ou bien laver l’affront par la violence.
« Meddu à mora che campà incù u rumbicu »
Dans le rôle de Barthé Andrea Cossu, que l’on connait bien pour posséder dans sa filmographie des rôles dans Le Royaume, A son Image et plus récemment dans Le Mohican.
Andrea Cossu, cette pièce, c’est un huis clos, mais qui ressemble vraiment à des situations pas très lointaines de nous ?
Tout à fait, c’est justement à l’occasion d’une actualité violente que l’on s’est retrouvé pour écrire là-dessus, tout d’abord parce que Forteleone avec déjà écrit ce qui lui traversait l’esprit à ce moment-là. Nous nous sommes retrouvés en résidence dans son village pour discuter tout simplement en tant que jeunes corses, jeunes citoyens de cette actualité et de comment nous allions nous placer par rapport à elle dans la vie de tous les jours et dans l’art que l’on défend et plus précisément le théâtre.
À quoi doivent s’attendre les spectateurs vendredi soir ?
L’expression de jeunes acteurs, auteur, metteur en scène engagés dans l’actualité de leur territoire. On ne prétend pas avoir une vision de la réalité, mais de notre réalité à ce moment-là
Au regard de votre filmographie très marquée, ce sont des rôles qui vous collent à la peau ?
Je dirais que ce qui me marque énormément dans ces tournages, ce sont plus des amitiés. C’est plutôt des moments qui me collent à la peau, plus que des rôles. Parfois, il y a une partie fictionnelle qui est plutôt loin de moi, même s’il y a un socle, une base qui pourrait me ressembler à certains moments. Mais ce sont plutôt les amitiés qui ont été celles des films, ces souvenirs avec des moments merveilleux me collent plus à la peau plus que les rôles eux-mêmes.
L’amitié est le fil rouge de l’ensemble de vos films et de cette pièce. Une amitié très profonde qui va jusqu’à l’extrême ?
On évolue sur un territoire et dans une société de proximité qui favorise les liens amicaux. C’est un vecteur social et on en parle dans cette pièce comme il en est toujours question dans la vie, je crois.
Prunu est l’expression d’un instant T où tout peut basculer ?
C’est un moment où les protagonistes vont se poser la question très importante de la vengeance ou de la résilience. Ce moment-là, dans la vie, est très sensible. On est parti d’une époque et d’une actualité, mais quelque part, on revient toujours à ce qui s’est passé avant. Il y a des relations et des fils rouges qui sont ce qu’ils sont. On s’inscrit dans l’actualité, mais on s’inspire de ce qui s’est passé avant
Aurait-on pu jouer cette pièce il y a un siècle ?
Je ne sais pas si à l’époque les hommes avec un grand H auraient pensé de la même manière.
Billetterie en ligne
www.biglittaghju.corsicaet également disponible à l’Animu et le soir-même à l’Espace Jean-Paul de Rocca Serra.
Distribuzioni
Missa in scena : Paul Fortini
Scrittura è culaburazioni missa in scena : Forteleone Arrighi
Culaburazioni artistica : Anaïs Lechiara
Incù : Louis Starace, Andrea Cossu, Danae Sepulcre Nativi, Anaïs Lechiara, Stéphane Auvray-Nauroy, Natale Mamberti
Incù u sustegnu di : a Cità di Portivechju, a Cullittività di Corsica, u Festival di l’Olmu è Locu Teatrale