Cela faisait plus de trente ans que la Ville de Portivechju n’avait plus construit de bâtiments scolaires sur son territoire. En inaugurant ce vendredi l’école maternelle de Pifanu, Portivechju, au-delà de la réalisation d’une nouvelle école, prend acte d’une nouvelle étape dans la construction de la ville de demain.
Dumenica Verdoni, adjointe à la Culture et à l’Éducation, a évoqué cette nouvelle école maternelle innovante à plus d’un titre, qui remplace celle existante située à peine à quelques dizaines de mètres: » C’est une école maternelle qui va commencer très tôt car on y a mis en place une toute petite section. C’est la toute première fois où l’on aura une section consacrée aux enfants de deux ans qui pourront durant toute la journée, y compris durant le temps de la restauration, rester à l’école. C’est une première expérience. Cela signifie que l’on tente la scolarisation très tôt et on sait que sur des publics en difficulté, voire défavorisés, et même si dans cette Très Petite Section il y aura de la mixité, plus tôt on intervient, plus tôt les enfants sont scolarisés, plus tôt ils sont sociabilisés ».

Un projet d’ensemble
La création de cette nouvelle école maternelle répond, bien entendu, à un évident projet pédagogique, mais au-delà s’inscrit dans une véritable vision à plus long terme du développement du quartier et de la Ville dans son ensemble: » Ce lieu est emblématique, parce qu’il fait partie des quartiers prioritaires de la ville mais c’est, également, un quartier qui va opérer une transformation et pour cela il faut lui donner les outils de son développement puisqu’il est en arrière port du nouveau port de plaisance, il va faire la jonction avec de nouveaux immeubles qui viennent d’être bâtis. Depuis le port de plaisance jusqu’à la sortie du Stabiacciu, c’est un nouveau quartier qui va s’organiser à partir de ce qui existe déjà et que l’on va devoir conforter ».
Une école qui s’inscrit dans le paysage
Innovante, donc, l’école maternelle de Pifanu se veut aussi un bâtiment qui de par structure et sa conception architecturale se pose comme un lien avec le cadre environnemental. Une volonté qui aura, également, des incidences au plan pédagogique: » Cette école-là sera une véritable jonction au sens d’une culture commune. On l’a voulu ouverte, conviviale, au cœur de la Cité avec des infrastructures qui sont optimales au plan pédagogique. Cela va demander de faire des efforts dans ce domaine. Un effort aux agents car évidemment c’est une école qui demande de l’innovation. Il va falloir un peu sortir des habitudes, il va falloir réapprendre à travailler de manière un peu décloisonnée. Il y a aussi de la terre, des jardins, on revient à une école qui a été pensée par l’architecte Jean-Mathieu De Lipowski et le cabinet Orma comme une école qui s’insère dans le paysage.

Nous avons gardé les arbres ainsi que tout ce que l’on pouvait garder de la nature pour que les enfants qui la fréquentent côtoient du vivant. On voulait aussi dans une expérience environnementale, que les enfants aient un lieu avec de la terre pour que plus tard ils aient une mémoire de tout cela et qu’ils puissent avoir une réflexion au niveau de la protection de l’environnement. Nous avons dans le même temps voulu l’inscrire dans le paysage de la Ville avec les Bastions que l’on retrouve dans les arrondis que l’on a sur l’école. Il y a un geste architectural qui reste au service des enfants avec des aspects ludiques avec des jardins partagés ».
D’évidents enjeux sociétaux
Lieu de rencontres d’échanges une école publique est par essence un creuset où tout un chacun doit être en mesure d’explorer le chemin des possibles et poser les jalons qui permettront de faire société. Cette volonté de mixité, au sens large, est une évidence pour Dumenica Verdoni: » Par rapport à ces quartiers difficiles ici ou ailleurs, notre volonté est de leur donner les moyens de leur développement. Une école c’est donner les moyens de l’émancipation de l’enfant. Ce que l’on fait dans ce quartier que ce soit avec L’Animu, l’ouverture de la maison de quartier et bien entendu avec l’ouverture de l’école et du City Stade, c’est donner à ces jeunes les moyens de s’amuser, d’apprendre, de se connaître, de sortir de chez eux. C’est dans le prolongement, aussi, de la Cité Éducative car Portivechju devrait être au printemps prochain Cité Éducative, cela signifie que l’on fera en sorte que tous les jeunes de quelque milieu qu’ils soient aillent rencontrer d’autres enfants d’autres milieux. Cette mixité est importante. Notre volonté est qu’il y ait cet échange et cette complémentarité ».