Ce samedi à 18 heures Piazza’llu Quartieri la compagnie Cullettivu Luciola produit par A Fabrica propose A Rimigna aux Porto-Vecchiais la pièce emblématique à plus d’un titre qui a marqué des générations.
Le 23 juin 1774 onze niulinchi sont pendus pour s’être révoltés, dont Marcu Maria « mancu quindeci anni avia ». A l’été 1974 U Teatru Corsu di Ricerca créait la pièce de théâtre A Rimigna de Dumenicu Tognotti sur des textes de Saveriu Valentini et Rinatu Coti, à l’occasion des 200 ans de cette tragédie, au confluent de la politique et de la culture, dans cette deuxième partie du 20e siècle influencée par le Riacquistu.
De la sorte la compagnie di U Teatru Corsu di Ricerca et son créateur en 1973 de Dumenicu Tognotti marquait son temps avec A Rimigna qui occupe à jamais une place à part dans la mémoire et la culture corse.
Et comme si l’histoire se répétait le 23 juin 2024 A Rimigna était rejouée, tout un symbole à Corscia à l’église San Brancà, pour rappeler le cinquantenaire de la création de la pièce et les 250 ans du massacre du Niolu.
Une remise en lumière qui sera offerte ce samedi 13 septembre Piazza’llu Quartieri à 18 heures avec la compagnie Culletivu Luciola sur une mise en scène d’Océane Court-Mallaroni.
Une recréation mettant en avant le fait que la culture n’est pas figée
Océane Court-Mallaroni, retrouver A Rimigna sur scène en 2025 c’est faire un bon au siècle passé dans cette période si importante du Riacquistu ?
Océane Court-Mallaroni : A Rimigna 2024 est d’abord une commande pensée et initiée par Vannina Bernard-Leoni, en hommage aux 250 ans des événements du Niolu. Je me suis plongé dans le travail de Dumenicu Tognotti et du Teatru Paisanu.
J’ai donc beaucoup lu et cela a été une merveilleuse manière de rencontrer cette période à la fois fantasmée et tout aussi inspirante. Grâce à Vannina, Jean-Jacques Torre et Marie-Jeanne Nicoli, alliés de la première heure du collectif, j’ai pu rencontrer de nombreux témoins de l’époque, notamment Saveriu Valentini qui était l’un des comédiens et auteur d’A Rimigna.
Comment fait-on au 21e siècle pour remettre sur scène une pièce de la deuxième moitié du 20e évoquant un moment tragique du 18e ?
La pièce a été un parfait miroir, en effet elle regarde une jeunesse corse sur trois temporalités, les jeunes résistants torturés et pendus par l’état français y a 250 ans, les jeunes militants nationalistes dans les années 70 et la jeunesse de 2024. Il s’agit, dans le même temps, de répondre à ces interrogations: Qui sommes nous ? Où se trouve la lutte ? Y en a t il une ?
Et surtout comment rester fidèle à l’esprit de Dumenicu Tognotti ?
Les grandes questions étaient de savoir : quel héritage reste t il de cette période ? Quels sont nos points communs ? et enfin quel avenir pour la génération que nous incarnons aujourd’hui ?

Tout en apportant cette fraîcheur incarnée par de jeunes acteurs ?
Le défi était effectivement de rester fidèle à l’esprit de Tognotti tout en se réappropriant le texte, et en faire une « histoire »contemporaine. Il a d’abord fallu parfois couper le texte, faire un montage qui nous paraissait plus adapté à l’histoire que nous voulions raconter. Ce qui était important comme Tognotti l’a fait en 1974, c’était de mettre en présence de jeunes gens de 20 ans. Dans A Rimigna 24, il y a des danseuses, des acteurs, des musiciens et des chanteurs. Chacun partage son savoir et cela crée un vrai collectif. Cette pièce a été une occasion précieuse de nous rassembler, de faire vivre la langue corse, de pouvoir parler de notre société et de transcender nos inquiétudes grâce à la poésie que l’art amène. C’ est une chance à chérir.
Dà sapè dinò
Adaptation et mise en scène
Collectif Luciola: Océane Court-Mallaroni, Paul Fortini, Marie-Jeanne Nicoli, Jean-Jacques Torre et Vannina Bernard-Leoni) avec le concours de Ghjacumina Acquaviva-Bosseur, Saveriu Valentini et Francescu Maria Luneschi
Production
A Fabrica, avec le soutien de la Collectivité de Corse et du Centre Culturel de l’Université de Corse
Avec
Laura Desideri, Vannina Filippi, Paul Fortini, Carla, Galardelli, Anais Lechiara, Lisandra Medori, Alizée Pinelli, Mathéa Raffini, Danae Sépulcre-Nativi, Pierre-François Ucciani et la participation de Stefanu Cesari, Ornella Nobili, Una Fiara nova
Paghjella di l’impiccati (A Filetta)
Sè vo ghjunghjite in NioluCi viderete un cunventuDi u tempu u taglioluÙn ci n’hà sguassatu pientuEranu una sessantinaChjosi in pettu à u spaventu
Dopu stati straziatiDa i boia o chì macelluParechji funu impiccatiCi n’era unu zitelluL’anu tuttu sfracillatuE’di rota è di cultellu
Oghje chì hè oghje in CorsciaFateci casu una criaSi pate sempre l’angosciaIntesu dì Marcu MariaEra quessu lu so nomeMancu quindeci anni avia.